Gaspillage et Climat
Le climat, au sens large, touche l’ensemble de l’humanité ; les humains, les glaciers, les océans, la terre etc. Aujourd’hui, je ne m’en tiens qu’à un seul aspect : « le gaspillage » ! Il nous concerne tous et de très près. Quelques chiffres ; le gaspillage représente un tiers de la production alimentaire mondiale ! Ce n’est pas rien. Il représente 41,2 tonnes d’aliments jetés chaque seconde soit 1,3 milliards de tonnes par an. Dans le même temps, il faut le dire, selon la FAO, plus de 850 millions de personnes sont affamées. Pour être précis, en France, les estimations évaluent à près de 9 millions de tonnes de nourriture gaspillée chaque année, dont près de la moitié (47%) provient des ménages ! D’autant que, il faut le rappeler, la mise en décharge des déchets et leur incinération contribue aux émissions de CO2 et, donc, au dérèglement du climat. À titre d’exemple, l’été calamiteux de 2024 qui a percuté le monde agricole, entre sécheresse et pluies diluviennes combinées, ont provoqué la perte de 280 millions de tonnes de céréales !
Il s’agit donc de lutter contre le gaspillage avec un objectif : « zéro déchet » !
Tout de suite pour dire que la prévention est la meilleure option, qu’il s’agisse de l’emploi, du recyclage, ou d’autres formes de valorisation ; la mise en décharge n’intervenant qu’en dernier ressort. Attention, cela veut dire changer le mode de pensée sur les déchets. Ils doivent devenir un produit résiduel valorisable et non plus quelque chose de perdu, suite à la consommation ! On ne se contente plus d’incinérer les déchets et de les enfouir ; on se dote d’instruments pour les réutiliser au maximum !
Il s’agit à la fois de l’action des consommateurs et des pouvoirs publics.
A San Francisco, en Toscane ou la province de Trévise en Italie appliquent cette politique depuis l’an 2000. Toutefois, comme souvent, la méthode est aussi importante que la solution. Notamment, par exemple, les poubelles à couleurs spécifiques, par type de déchets, à condition qu’il n’y ait pas d’ambiguïté sur la finalité de leur couleur ; ou encore réduire les déchets irrécupérables par une collecte périodique de ce type de déchets ; le compostage est aussi une solution.
Les résultats peuvent être spectaculaires et entraîner une baisse significative de la production des déchets de l’ordre de 15% à 40%, par rapport à l’absence de politique « zéro déchet ».De plus, pratiquer une telle politique entraine soit une diminution des coûts liés à la collecte des ordures pour les habitants (un tiers environ en moyenne) les entreprises, soit une hausse très contenue des coûts de collecte pour les communes ; l’’exemple de la province de Trévise éclaire : en 15 ans les coûts est de 8%, contre environ 70% pour le reste de l’Italie, qui n’applique pas une telle politique !
Le « zéro déchet » nécessite une double action : de l’État, des consommateurs et entreprises, ce qui a l’avantage de réduire aussi radicalement la production de CO2 !
Daniel Boeri



