Publié le 5 mai 2020 par Webmaster dans la rubrique Éditos - 27 443 vues

Édito du 5 mai – Déconfinement ? Pourquoi je n’ai pas confiance

Confiné depuis le 13 mars après-midi, ce fut une grande joie pour moi d’apprendre, par les rumeurs d’abord et officiellement ensuite, le déconfinement pour le 4 mai 2020.

Au point que je me suis inscrit pour participer « in vivo » à la séance de ce soir, 5 Mai.

Malheureusement, le plan d’action gouvernemental annoncé le 28 avril au soir est loin de me donner confiance !

Je comprends tout à fait la nécessaire relance de notre économie et, forcément, trouver le juste équilibre entre santé et économie est une sorte de Roche Tarpéienne ; plus on monte, plus dure risque d’être la chute.

Ce soir je ne suis pas présent parce que je n’ai pas confiance dans le plan gouvernemental de déconfinement.

Laissez-moi d’abord remercier le personnel soignant et tous les services au sens le plus large du terme ; les premiers résultats sont là. Je souhaite remercier particulièrement l’action efficace de la Mairie, de la Croix Rouge et du Lycée Hôtelier qui ont, quasiment spontanément, créé un service nouveau pour les aînés.

Je n’ai pas confiance, parce que cette précipitation à vouloir faire plus vite que la France ne nous épargne pas, loin de là, les manques de la première phase qui nous a conduit au confinement.

  • Absence de masques : le 4 mai, il y en aura deux pour chaque résident, bravo. Lavable a-t-on dit à 60 degrés, et même repassable à 120 degrés ; je m’y suis brûlé ; il ne manque simplement que le temps de séchage !

Comment, en peu de temps, apprendre leur utilisation renouvelée, pourtant absolument nécessaire ?

  • Absence de tests, ou si peu !
  • Absence de stratégie de déconfinement.
    • OUI, porter un masque ET respecter la distanciation et puis s’en vont ; comme dans la chanson. Cela pose des questions :
  • Quid des résultats des tests ? Quid des personnes identifiées malades ? Retournent-t-elles chez elles, comme si de rien n’était, au risque de contaminer toute une famille ? Attend-on une solution autre pour les accueillir ou le seul CHPG ? D’autres sont-elles envisagées ?
    • Quid du traçage numérique ?
      • Envisagé ? discuté ?
  • Faut-il parler de l’école ?
    • Aucune référence au volontariat
  • Je n’ose imaginer les deux jours avant le week-end du 1er mai pour préparer la rentrée du 4, avec toute l’organisation des circulations et des distanciations à mettre en place.
  • Quid des cantines ?
  • Quid du transport des pendulaires pour venir à Monaco ?
  • Sachant qu’en France, la distanciation préparée pour le transport en commun va limiter les capacités de transport.
  • Quid des contrôles à leur arrivée ?
    • Aucun ?

Alors je n’insiste pas pour ne pas être trop long. Ne pas se précipiter, c’est se donner le temps pour se préparer, même si cela est contraignant, c’est à mon avis diminuer le risque sanitaire.

Nous assistons à un affaissement, encore incertain, de la pandémie. A Monaco, nous avons le bonheur d’une situation « sous-contrôle ». Ne gâchons pas cette tendance par un excès de précipitation.

Donc avec un grand regret que je ne suis pas là avec vous aujourd’hui volontairement. J’espère rapidement un plan de déconfinement plus élaboré qui me permette avec joie de revenir parmi vous.

Daniel BOERI


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