Publié le 28 juin 2017 par Daniel Boeri dans la rubrique Éditos, Monaco, Politique - 28 784 vues

Édito du 28 Juin 2017 – A propos des Jardins d’Apolline !

La situation dramatique des Jardins d’Apolline et de leurs près de 800 résidents suscite angoisse, inquiétude, et pire, doutes ; un drame humain tout autant que technique.

Aborder cette question dépasse les querelles picrocholines car elle est au cœur de notre pays.

Pour répondre à cette situation, le Président du Conseil National a inscrit à l’ordre du jour de la séance du 22 juin dernier le vote d’une résolution précédée d’un débat autour des Jardins d’Apolline.

Cette résolution (jointe ci-après) a été votée à l’unanimité des élus et retrace les différents courriers et rencontres depuis deux ans avec le Gouvernement à ce sujet et, au-delà des actions concrètes engagées, les propositions qui ont été acceptées.

Pour autant, si rappeler quelques faits est important, c’est vraiment de demain dont il s’agit.

De fait ; même si ce fut long (plus de deux ans), un point complet a pu également être fait avec les résidents le 21 juin par le Gouvernement.

Les actions des uns et des autres -je pense notamment à l’association des résidents- ont permis d’arriver à une première étape : savoir mieux.

Toutefois, loin d’être économique (gratuité de loyer), technique (experts, travaux, assurances), les Jardins d’Apolline sont aussi un drame humain. Où déménager ? Quand ? Les filtres sont-ils suffisants ?… Bref, tout simplement comment vivre tous les jours ?

Face à cette situation exceptionnelle, il s’agit de donner confiance et pour cela, continuer à apporter des réponses claires, précises et sans équivoque.

Il me semble que nous sommes sur la bonne voie avec les solutions envisagées.  Reste que le temps sera long, avec tout ce qu’il comporte comme incertitudes.

A mon avis, toutefois, si des réunions sont absolument nécessaires, elles devraient concerner également toutes les parties prenantes. Aussi, celles-ci doivent-elles y participer ensemble, et ne pas les limiter à des relations univoques avec le Gouvernement.

Au-delà de l’aspect technique du dossier, il y a aussi le « pourquoi » et le « comment » nous en sommes arrivés là.

On ne peut pas dire que rien n’ait été fait, on l’a vu, mais tout semble avoir été réduit, dans un premier temps du moins, au traitement de malfaçons normales et classiques, laissant ce faisant, involontairement, la situation empirer.

Cette situation est très préoccupante. Pour cela je souhaite rappeler que dans ce dossier, rien n’est normal, ni classique ; cette situation est inédite et requiert des pratiques nouvelles qui permettent de dire à la fois les faits et, plus encore, leur vécu par les résidents. Ce qui vient d’être fait doit être continué ! Mais « dire » ne suffira cependant pas !

Regagner la confiance des résidents doit être le mot d’ordre. Si les solutions sont compliquées et longues en délais, il convient pour le moins de permettre un retour, lui rapide, à une certaine tranquillité.

D’autant, qu’au-delà des résidents, les monégasques s’interrogent sur la pertinence des prochaines attributions de logements : « Compte tenu des urgences nouvelles, peut-on continuer à s’inscrire ? Va-t-on nous loger dans des endroits sûrs ? Allonger les délais d’attente ? »…

Attention, je ne cherche pas ; de coupable.

Permettez-moi de me citer, j’ai eu l’occasion d’écrire que, dans des situations complexes,

« Trouver un coupable rassure, mais c’est le plus souvent à tort ».

Cette tranquillité est indispensable ; j’entends cette voix d’outre-tombe qui nous dit :

« Nous sommes au courant,

Les experts sont sur le coup,

Ne vous en faites pas, les solutions sont trouvées,

La situation est sous contrôle,

Et même certains de paraphraser le film des Monty Python, « mais moi, je n’ai pas mangé de champignons… » !

J’aurais pu écrire ces phrases en anglais ; je ne le veux pas, car je ne veux pas alarmer plus qu’il ne faut.

Elles illustrent à l’envi qu’on ne peut réduire le traitement des jardins d’Apolline au seul dossier technique.

Toutefois, ce dont je veux être sûr c’est que la question des jardins d’Apolline soit vue comme un risque majeur, qu’elle soit une priorité absolue pour tous car c’est d’abord de santé dont il s’agit.

Nous devons absolument connaître tout ce qui est et sera fait.

Car la confiance se gagne non seulement par un excès de précaution, mais aussi par un excès de transparence !

Nous sommes sur le chemin. Une page technique est tournée, sur le papier, mais nous devons, chacun d’entre nous, rester vigilants car, en fait, tout reste à faire.

Souvenons-nous du nuage de Tchernobyl qui n’avait pas franchi la frontière ! ; ici, la coulée des eaux ne s’arrête pas au 1er étage.

Ne limitons pas l’analyse et les solutions aux seuls Jardins d’Apolline, quand bien même il s’agit aujourd’hui de LA priorité.

Chacun le sait, l’eau irradie !

Daniel BOERI

Proposition de résolution – Conseil National – PDF

 


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