Publié le 8 mai 2019 par Webmaster dans la rubrique Économie et social, Éditos, Monaco, Politique - 29 849 vues

Édito du 8 mai 2019 : « Monaco : Monsieur de La Palice et la circulation ! »

Monaco bloqué, Monaco embouteillé, Monaco exaspéré, Monaco pollué !

Ces dernières semaines, Monaco a connu, et en particulier ces derniers jours, une congestion du trafic rarement atteinte.

Cette situation est inquiétante et devient urgente car la mobilité contribue largement à la qualité de vie dans notre pays.

La mobilité couvre un vaste champ

La mobilité, c’est à la fois le vécu quotidien, que chacun peut constater et vivre, et en même temps provoque ce qui ne se voit pas mais qui est pire à mon avis : la production de CO2, le Gaz à Effet de Serre !

Les causes internes et externes à notre pays interviennent évidemment dans la situation actuelle. Si les solutions sont compliquées à mettre en œuvre, sortir du piège dans lequel nous sommes tombés-là n’en est pas moins une ardente obligation à court terme et, on l’aura compris, à moyen et long terme.

Le fait que Monaco ne soit pas seul pays au monde à souffrir de la congestion de la circulation n’est pas une raison suffisante pour rester les bras croisés. Diverses capitales européennes, chacune à leur manière, ont apporté quelques solutions qui, si elles ne sont pas forcément un exemple pour nous peuvent, pour le moins, enrichir la réflexion.

La pollution

D’une façon générale, environ 30% des émissions de CO2 en Principauté proviennent du transport. Ce n’est pas rien et cela devient à terme dangereux.

Un exemple pris en France dimensionne cette question : un trajet moyen de 34 km produit 4,216 kg de CO2 ! Les embouteillages, quant à eux, coûtent 677 € par an et par véhicule, sans évidemment prendre compte les facteurs humains que nous vivons tous (stress, énervements entre autres).

Je tiens à souligner et à me limiter à ces deux chiffres ci-dessus parce que nous avons tendance à nous focaliser sur ce qui est mal dans le quotidien ! Reste que la production de CO2 est loin d’être un facteur négligeable.

La circulation

Monsieur de La Palice aurait dit :« pas de voiture, pas d’embouteillages ! » J’entends déjà les cris d’orfraie venir des coins de rues, et pourtant.

Il s’agit d’une question compliquée car elle touche un vaste champ de questions : le nombre de véhicules en circulation, les travaux de voirie, les bus (fréquence, amplitude, tarif), les parkings publics, la signalisation, le bruit, les équipements collectifs comme les ascenseurs, etc.

Pour faire simple, notamment :

  • 107 000 véhicules entrés et sortis par jour du pays, soit un peu plus de 50 000 véhicules hors période estivale ;
  • 35 000 véhicules et 10 000 cyclomoteurs immatriculés ;
  • Fréquentation des bus en baisse…

Si nous devons aller vite pour améliorer très sensiblement la circulation, et cela se comprend vu l’urgence, gardons-nous toutefois de mesures rapides, coûteuses… et souvent illusoires.

Comme je l’ai dit, notre qualité de vie en dépend.

D’autant que chacun souhaite pouvoir utiliser son véhicule à tout moment, et c’est bien naturel : c’est un gage de liberté. Peut-être faut-il changer nos comportements.

Un seul exemple (attention, ce n’est pas ma recommandation mais cela est !) : à Londres, l’instauration d’un péage de 13 € pour circuler au centre-ville a diminué la circulation de 80 000 véhicules par jour (21 %) et a réduit la production de CO2 de 19% !

Sans doute devrions-nous avoir une réflexion en commun : gouvernement, élus et résidents sur cette question. Cela aurait un double avantage : d’une part, ceux qui, il faut bien le dire, souffrent aujourd’hui de cette situation sont concernés et ont des choses à nous dire, et en même temps, en partageant les idées, commencer à bouger les esprits !

Daniel BOERI


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