Publié le 8 mai 2017 par Daniel Boeri dans la rubrique Économie et social, Éditos, International, Politique - 10 780 vues

Édito du 8 mai 2017 – Mélenchon… et l’impossible retour en arrière

Le devoir de réserve m’avait conduit à ne pas publier mon éditorial du 18 avril dernier, avant le premier tour de scrutin de notre grand voisin.

Le résultat maintenant proclamé, il me paraît utile, pour l’avenir et bien qu’en retard, d’exprimer mon sentiment d’alors.

Mélenchon… et l’impossible retour en arrière

D’après les derniers sondages, nos amis français, réveillés, rejettent enfin celui qui n’a jamais travaillé. Mais avec le siphonnage de Jean-Luc Mélenchon, serait-ce pour tomber de Charybde en Scylla ?

Le risque est grand en effet pour nos amis de jouer une pièce qui interdit tout retour en arrière une fois JLM élu.

Partout dans l’Histoire, les amis du tribun des tréteaux n’ont admis un autre choix.

Cela a commencé par Saint-Just : « pas de liberté pour les ennemis de la liberté ». Et les têtes de tomber, à qui mieux mieux, sous les lames des guillotines.

D’ailleurs, JLM prépare déjà le terrain : « mes trois concurrents vont vous faire cracher du sang ».

Comme un vaccin prémonitoire du non-retour en arrière, « pas de retour possible pour les sanguinaires ». D’ailleurs, à Toulouse, ses partisans scandent « Résistance ! Résistance ! » …sont-ils opprimés ?

Évidemment, il serait trop facile de les renvoyer, plus près de nous, à Castro à Cuba, Chavez-Maduro au Venezuela… JLM a visiblement oublié de demander leur avis à leurs peuples.

La petite histoire se termine en Turquie le week-end dernier par un référendum « à la Erdogan », renvoyant les observateurs « à leur place », et pour rempiler d’ores et déjà jusqu’en 2029 !

Voilà pour la dynamique. Mais c’est tout le projet d’appauvrissement de la France elle-même qui est en jeu.

Au plan politique, départ de l’OTAN (le Grand Satan), de l’Europe et de l’Euro, pour rejoindre l’ALBA (Alliance Bolivarienne) ! Depuis cette révélation, je sais, ses thuriféraires indiquent que seuls les territoires et départements d’outre-mer sont concernés…une scission de plus ?

Un chiffre toutefois ; cette belle alliance de 10 pays pèse moins de 600 millions de dollars, soit 20% du PIB français. Encore faut-il préciser que Cuba ne publie plus ses chiffres depuis 2013, et que la croissance du Venezuela est de -15,6% en 2016 !

C’est le bon modèle que propose JLM.

Autre curiosité, chers lecteurs. Quels sont les trois pays observateurs de cette alliance ? Iran, Syrie, Haïti. Tout est dit.

Je suggère en outre de demander aux habitants de Nice, de Paris, de Bruxelles…si ce sont les américains et les occidentaux, assoiffés de pétrole, qui ont fomenté les carnages.

Pour finir, venons-en à l’économie.

L’endettement de la France est proche de 100% du PIB ; qu’à cela ne tienne, les emprunts ne seront pas remboursés, l’Allemagne paiera.

Mais voilà que JLM prévoit d’emprunter 300 milliards supplémentaires, soit près de 10% du PIB. Mais qui va les donner ? Ah oui, les possédants ! Comme aux premières heures du communisme !

La France est le pays de l’OCDE où les impôts et taxes sont déjà les plus élevés, où la ponction hollandaise du début du quinquennat a plombé la croissance, et JLM de prélever 80 milliards d’Euros supplémentaires. Et l’année prochaine, de nouveau 80 milliards ?

La liste des incongruités serait trop longue, j’arrête là.

Sur sa pirogue, JLM en vient à oublier Lénine, pour qui, pourtant, « les faits sont têtus ».

Le prophétisme ou la propagande contre la réalité. Ce n’est pas « on rase gratis », c’est l’explosion annoncée.

D’ailleurs, le fameux indice de Gini qui mesure l’écart entre les plus riches et les plus pauvres est révélateur ; plus il est faible, plus l’écart est faible. Il est de 30 dans l’Union Européenne, 33 en France ; au pays de la lumière, le Venezuela, il était de 41 en 2009…il n’est plus publié depuis. Pareil pour Cuba.

C’est sans doute la faute du Grand Satan…mais au fait, qui est-ce aujourd’hui ?

Daniel BOERI

(Crédit photo : France Info / Reuters – Manifestation monstre contre le président socialiste Nicolas Maduro, à Caracas, au Venezuela, le 19 avril 2017.)


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