Publié le 14 avril 2020 par Webmaster dans la rubrique Économie et social, Éditos, International, Monaco, News, Politique - 17 407 vues

Édito du 14 avril 2020 – Guéri, … guéri, … vous avez dit guéri … ? Ou le paradoxe du Covid-19

Au moment où j’écris ces lignes la pandémie continue à se développer et le Coronavirus a infecté près de 2 000 000 personnes dans le monde et a provoqué la mort de près de 120 000 personnes !

Tous, où qu’on soit et qui que nous soyons, cherchons à trouver les pistes de la guérison ! Situation d’autant plus pressante que, dans le même temps, plus de 460 000 personnes sont déclarés guéries.

C’est le moment de redécouvrir Pandore qui a porté dans ses bagages une boîte mystérieuse que Zeus lui interdisait d’ouvrir. Malheureusement, sous le charme d’Hermès, la curiosité pris le dessus et Pandore ouvrit la boîte. Et de découvrir alors tous les maux de l’Humanité ; la vieillesse, la maladie, la guerre, la famine, la misère, la folie, le vice, la tromperie, la passion, l’orgueil. Heureusement, au fond de la boîte, il y avait aussi l’espérance !

C’est cette espérance qui nous guide tous aujourd’hui, en dépit des mots susnommés pour, tous ensemble, marcher vers les chemins de la guérison. Évidemment, il y a d’abord les chercheurs et l’ensemble des personnels soignants qui, tous les jours, combattent sur le terrain la maladie.

Comme le monde, si j’ose dire, a été pris par surprise par le Covid-19, chacun d’élaborer ses propres recherches, ses propres solutions, aux cris d’Orfraies des tenants d’une certaine orthodoxie sanitaire.

À écouter les uns et les autres, chacun avec des arguments forts, nous sommes dans une expectative, parfois positive pour les uns ou, au contraire, d’incertitudes pour d’autres.

Dans le même temps, moi qui ne suis pas médecin comme vous le savez, je m’interroge. Le fameux protocole, que je résume avec mes mots, à savoir, patients « randomisés », c’est à dire choisis au hasard, et en « double aveugle », date des années 50 et oui ! Conservateur, cela va de soi. Cependant si avec la crise et son urgence, certains bousculent ce code, comment ne pas être prudent et attentif à leurs propositions ?

Un exemple éclairant nous est donné près de chez nous, à Marseille. Faut-il ou non appliquer des propositions du professeur Raoult qui propose de donner, à tout patient infecté, de la chloroquine avec un antibiotique. Les premiers résultats appliqués à 24 individus illustrent mieux que bien ce qui peut apparaître comme un combat entre « les anciens et les modernes » et, en même temps, il faut bien constater que certaines informations venues du bout du monde ou même très proche entraînent à la prudence.

Dans cet exemple, aujourd’hui, ce sont plus de 1000 personnes qui sont traitées, à la satisfaction pleine des tenants de cette approche.

Mais de nombreux experts scientifiques, tout aussi savants, rejettent les résultats obtenus. « C’est une honte » proclama un de ces derniers. Avec un argument que chacun pourra méditer : aucun protocole n’a été respecté, aussi les résultats ne seraient donc pas audibles, d’autant que, selon eux, le Covid-19, se guérit tout seul ; c’est-à-dire qu’il donne des anticorps dans 80 % des cas, sans rien faire ! Ce qui, selon eux, tendrait à remettre en cause les résultats dont je parlais précédemment.

Vous aurez compris que je ne tranche pas cette question hautement scientifique.

Cependant nous voulons tous guérir, nous voulons tous sortir du confinement qui concerne maintenant plus de la moitié de l’humanité.

Ce confinement, qui a atténué le développement de la pandémie, et c’est une première avancée, transforme le monde, tant sur le plan sanitaire que sur le plan économique et social. Chacun avec sa culture et avec un but commun se pose la question de « comment en sortir » ? C’est l’espoir de tous.

Comme nous sommes confinés, chacun de regarder l’évolution de la pandémie dans les pays, voisins ou éloignés, pour définir ou imaginer une doctrine du déconfinement.

Voilà pourquoi je reproduis, ci-après, une description donnée par le journal Le Monde de ce qui s’est passé à Wuhan, en Chine, là, où l’épidémie du Coronavirus s’est déclenchée.

« Un grand hall, quelques panneaux de contreplaqué pour former des unités, et des lits en fer : le secret de Wuhan pour juguler l’épidémie de Covid-19 n’est pas très impressionnant. Chaque lit a un numéro, deux prises de courant, une table d’écolier et une grande boîte en plastique pour ranger les effets personnels des patients. C’est tout. Mais, par leur simplicité, ces sites, stades, salles de concert ou centres d’exposition transformés en hôpitaux de campagne en quelques jours, ont permis à Wuhan de traiter en masse les personnes présentant des symptômes mineurs de la maladie, soit 85 % à 90 % des cas. Une stratégie permettant à la fois de prendre en charge les malades bénins avec relativement peu de moyens, tout en les isolant de la société, mettant fin à la dynamique des contaminations, notamment intrafamiliales. » (Le Monde 12-13-14 Avril 2020)

Or, il se trouve qu’après deux mois de bouclage, Wuhan, le berceau du nouveau Coronavirus tente de tourner la page. Ainsi, après deux mois d’isolement total, la ville chinoise s’ouvre progressivement au monde extérieur.

Un premier train de voyageurs s’est arrêté dans la gare et plusieurs dizaines d’habitants piégés à l’extérieur de la ville début janvier ont pu rentrer.

La réouverture ne fut que partielle, les habitants ont dû patienter pour quitter la ville. Les nouveaux arrivants sont passés au peigne fin : prise de température, contrôle d’identité, questions sur leurs précédents déplacements et surtout, ils doivent aussi présenter sur leur téléphone le fameux code QR qui sert de « laissez-passer » et qui atteste qu’ils sont « sains » et servira au traçage numérique.

Ces formalités s’effectuent devant personnels portant masques, lunettes de protection et combinaisons intégrales.

Rappelons que les premiers cas de Coronavirus sont apparus au mois de décembre et la ville a payé un lourd tribut à cette épidémie avec plus de 50 000 personnes contaminées. La ville est maintenant considérée comme une zone à « faible risque ». Tous portent des masques, évitent des lieux trop fréquentés et les autorités les autorités de mettre en garde contre les déplacements inutiles.

Je dis cela car, pour sortir du confinement, une stratégie est nécessaire : comment faire ?

Être guéri !

Mais avant d’être guéri, ou toujours sains, reste l’espérance ! Parce que la guérison est globale et à la fois sanitaire, économique et sociale. Le déconfinement n’est donc pas une simple décision, mais aussi la nécessité d’une adhésion collective.

Être guéri, c’est aussi se trouver dans une situation paradoxale en termes d’information.

« Être positif », au test du Covid-19 veut dire que la personne testée dispose d’anticorps contre le Coronavirus. Elle est donc immunisée pour elle-même et pour les autres. J’appellerai cela « les anticorps bénéfiques »

Cela suppose donc d’être estimé positif, après le test au Covid-19.

Eh bien nous avons besoin d’informations et d’explications. En effet, pour les moins jeunes, on se rappelle une épidémie, certes de nature différente, dans les années 80, avec le virus VIH ! Lui aussi, inconnu, provoquant de fortes angoisses, des attentes interminables pour connaître « son sort ». Qui plus est à cette époque, être déclaré positif au test indiquait…la mort ! J‘appellerai cela les « anticorps négatifs ». Heureusement, aujourd’hui, avec les trithérapies, le VIH n’est plus un problème.

Ce n’est pas le moindre des paradoxes ; à l’époque, un test positif signifiait la mort, aujourd’hui un test positif c’est l’espoir !

Voilà pourquoi l’information doit être claire et précise car plus nous nous rapprochons du déconfinement, plus nous serons à tour de rôle testés, selon la stratégie de déconfinement appliquée.

J’y reviendrai, car le déconfinement tant attendu ne va pas de soi. Pour reprendre le mot du philosophe allemand Jürgen Habermas, « il nous faut agir dans le savoir explicite de notre non savoir ».

On devra les approfondir très vite les dernières stratégies du déconfinement.

Mais attention, nous sommes en Europe et déjà les partisans masqués de la Corée du Nord et du Venezuela, jouent les trompètes de la renommée pour dire la haine « qu’ils disent avoir » du traçage numérique comme outil indispensable à la victoire sur la pandémie.

Dans tous les cas …sortez masqués et vite les tests !

Daniel Boeri


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