Publié le 11 juin 2021 par Webmaster dans la rubrique Économie et social, Éditos, International, Politique - 2 449 vues

Édito du 10 Juin 2021 – G7 ? La Terre brûle… mais les impôts des multinationales sont prioritaires !

La pandémie montre que le monde peut accélérer et travailler ensemble pour faire face aux dégâts causés par la Covid. Entre découverte du vaccin et début des campagnes de vaccination, le monde sort progressivement la tête de l’eau. La coopération mondiale est possible ; personne n’en a n’a jamais douté.

Tout est donc possible pour répondre à une priorité absolue, certes en apparence éloignée, pour faire face ensemble aux dégâts actuels et futurs provoqués par la terre qui brûle !

Or, le G7, Sommet des plus grandes puissances mondiales, se focalise sur l’impôt commun à appliquer aux multinationales ; bravo…mais ?

Curieuse façon que d’appréhender une situation qui concerne toute la planète. L’importante production de CO2 – le double de ce que la nature peut en absorber – avec son cortège de graves difficultés : hausse de température, sécheresse, pénurie d’eau douce, montée des eaux, événements climatiques, diminution de la banquise et j’en passe, semble laissée de côté. Il y a bien le vœu pieux de limiter, chacun dans son coin, la hausse de température à moins de 2 degrés ; et après ?

La situation est d’autant plus préoccupante qu’au-delà de l’amélioration du climat, c’est la remise en cause d’un grand nombre d’emplois qui impose, c’est le cas de le dire, une mutation d’une grande partie des métiers et pratiques actuels.

La priorité donnée aux énergies renouvelables doit devenir, de façon urgente, un axe commun à la planète.

Face à cette situation, dont on devine qu’elle ne se résoudra pas avec un simple Sommet, le G7 sacrifie à la morale du temps : imposer un taux d’impôts commun à 15 % aux multinationales ; la belle affaire !

Dérisoire réponse, d’autant que ce « nouvel impôt » commun ne fait qu’apporter une réponse à une situation très ancienne ; « les prix de cession interne »[1], qui consistent pour les entreprises à définir, entre filiales et dans quel pays, elles pourront optimiser leurs impôts en décidant du prix de vente en interne.

Il n’est que temps de donner la priorité et apporter des solutions communes « à la terre qui brûle ». Or, malheureusement un simple accord au Sommet ne suffira pas ; loin de là.

Il s’agit pourtant de bien plus que d’une simple urgence.

Daniel BOERI


[1] Daniel Boeri – « les prix de cession interne » – 1991 –tiré à part de N.Guedj « le contrôle de gestion » les éditions d’organisation.


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