Publié le 30 mars 2020 par Webmaster dans la rubrique Économie et social, Éditos, International, Monaco - 14 758 vues

Édito 30 mars 2020 – Le confinement… et après ? Tester, tester, tester…

Le jour d’après le confinement, tout restera à faire ! Cette pétition ne veut évidemment pas dire que rien n’était fait jusque-là. Mais la question se pose d’ores et déjà ; « comment sortir du confinement » ? Ce dernier aura fait des merveilles puisque près de la moitié de l’humanité s’est trouvée confinée.

Sortir du confinement est une bonne nouvelle, cela veut dire en effet que les autorités de santé estimeraient que la progression du Coronavirus diminue. Reste qu’on ne sait pas grand-chose sur l’état de santé des hommes et des femmes qui vont sortir progressivement de chez eux.

Ces sorties seront d’autant plus compliquées que, à chaque catastrophe ou chaque invention, beaucoup se croient devenus toubibs, voire bonimenteurs, et d’y aller de leur « bonne prescription » après une lecture plus ou moins partiale d’informations qui sévissent sur les réseaux sociaux. Cela a un nom : faire des « hypothèses auto-probantes » ;  « vous voyez j’ai raison, c’est écrit sur Facebook » !!

Le champ de sortie du confinement est tellement large que provisoirement je n’aborde pas la question, pourtant essentielle aussi, du redémarrage de l’économie. Dès aujourd’hui et pour demain, c’est la santé qui est en première ligne.

Il faudra nécessairement affûter les armes contre la maladie. En effet, si la fin de confinement global est décidée, cela voudra dire que la progression de la maladie commence à s’estomper. En même temps qu’elle est toujours présente.

Le dépistage devient la règle et à grande échelle. Il s’agit de connaître l’état viral de la population.

Aujourd’hui, des milliers de personnes malades ne sont pas hospitalisés immédiatement ; elles sont confinées à domicile, prises en charge par les médecins libéraux, et le risque de transmettre le virus à plusieurs membres de la famille. Pour mémoire au 29 mars, il y a 500 000 cas dans le monde et en France, 42 000 personnes environ sont concernées.

Nous savons aussi que les hôpitaux sont à la limite de la saturation, alors que les dépistages réalisés sont limités et les transferts dans les hôpitaux limités aux cas graves.

La sortie du confinement et le dépistage à grande échelle vont créer des charges de travail affectant largement la capacité de traitement.

On pourra toujours dire qu’il manque de tests, qu’il manque de masques, etc. La question est : Que pouvons-nous faire d’ici un mois dans le meilleur des cas ?

Ce que nous savons aujourd’hui c’est que le virus, globalement, si j’ose dire, s’auto traite dans 80 % des cas et développe des anticorps. Reste 20 % de la population peu symptomatique à traiter.

Il faudra donc définir des tests simples pour répondre à un dépistage massif.

Il importe de créer et préparer dès maintenant des structures de prise en charge des patients peu symptomatiques pour éviter que, de retour chez eux, ils ne transmettent le virus à la famille et créant ainsi des milliers de « clusters » familiaux.

Des espaces ou des hôtels peuvent être réquisitionnés, comme le Gran Colon à Madrid où 83 chambres ont été réquisitionnées, pour accueillir ces nouveaux cas. On aura compris que ce confinement est facilité dans un hôtel ; il y a déjà des chambres individuelles, avec salles de bain et de plus, il existe des cuisines pour les repas. Donc, moyennant évidemment quelques précautions sécuritaires, une grande partie de la structure existe déjà.

Le test massif de la population devient la règle générale

Les symptômes tels que fièvre, mal de gorge, toux, etc. devront être un signal rapide pour tester et non limiter les tests aux cas graves, comme aujourd’hui. C’est la deuxième bonne nouvelle ! Les chercheurs ont fait le travail ! Ces dépistages massifs et rapides (!!) – comme le test type Elisa – permet en 5 minutes[1] (!) d’identifier les porteurs d’anticorps et c’est la troisième bonne nouvelle, ceux-ci seraient partiellement protégés et pourraient reprendre une activité presque « normale » et même, par la suite, aller travailler !! Les autres feront l’objet d’un suivi médical approprié dans les nouveaux centres crées. Je laisse, bien volontiers, le soin aux professionnels de choisir le traitement ad hoc.

La campagne de dépistage massive peut s’envisager grâce à la sérologie, bien connue depuis très longtemps, à condition d’avoir les principes actifs disponibles. Certains de préciser que les tests pourront se faire, comme cela existe aujourd’hui pour la glycémie, à la maison directement grâce à une légère piqûre au bout du doigt, pour faire sortir une goutte de sang qui, déposée sur un principe actif indiquera selon la couleur la présence ou non d’anticorps ! Là encore la présence d’anticorps permettrait, sous contrôle médical de reprendre les activités. Un bémol cependant, l’absence d’anticorps doit conduire à une attitude sage, et attendre la fin des symptômes, pour bénéficier, comme disent les spécialistes, de « l’immunité de brebis » c’est-à-dire que 70% de la population aurait des anticorps !

Daniel BOERI


[1] Comme par exemple celui du Laboratoire Abbott, à partir du 1er avril 2020


Laisser un commentaire